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Didier Dinart : "L'équipe de France peut être satisfaite de cette médaille d'argent"

De passage près de Nantes pour présenter sa marque aux fans, Didier Dinart a accepté de répondre à nos questions. L’entraineur adjoint de l’équipe de France aborde ici la médaille d’argent aux Jeux Olympiques, le Mondial 2017 en France mais aussi les nouvelles règles. 
Pouvez-vous nous parler un peu de votre marque : Roca 33 ?
La marque Rocca33 était une idée qui est venue parce que quelques fois tu testes beaucoup d’équipements et à l’arrivée tu te demandes pourquoi ne pas tester quelque chose. J’ai connu quelques personnes qui étaient dans le milieu et qui m’ont poussé à créer quelque chose. Au début tu cherches des fournisseurs, ce n’est pas forcément évident mais on a fini par tomber sur des fabricants très sérieux, c’est ce qui fait qu’aujourd’hui on est vraiment en place.
Nous allons maintenant aborder les JO. Malgré une défaite en finale, êtes-vous quand même satisfait du parcours de l’équipe de France ?
Je pense que l’équipe de France peut être satisfaite de cette médaille d’argent. D’autant plus qu’on pourrait même dire que l’équipe de France, hormis le fait d’avoir perdu sa finale, a gagné sa demi-finale. L’équipe de France a difficilement mais brillamment gagné sa demi-finale qui a été gagnée à l’arrachée mais qui a été gagnée. A un moment donné, on a peut-être accusé le coup de la fatigue. La France est tombée sur une équipe du Danemark survoltée, révoltée qui a aussi présenté une très forte résistance. Et il ne faut pas non plus oublier que les autres équipes se préparent comme nous, et elles jouent aussi au handball. A l’époque il y avait la Croatie et la France, maintenant on peut s’appuyer sur 6 ou 7 grosses nations. Ce qui veut dire que le handball commence à être de plus en plus équilibré en niveau, la concurrence est rude et de plus en plus équilibrée donc ça devient de plus en plus compliqué de dominer les compétitions.
Ne pensez-vous pas que la fatigue soit due à une préparation physique a été trop intense ?
Non, je pense surtout qu’on a énormément utilisé les mêmes joueurs qui étaient à un très bon niveau. Cela veut dire que ces joueurs énormément sollicités durant les jeux ont peut-être manqué de fraicheur sur la finale ce qui est tout à fait normal donc on ne peut rien leur reprocher. Parce qu’on est humain avant tout et on ne peut rien leur reprocher sinon les féliciter du travail qu’ils ont accompli tout au long de la préparation et des jeux olympiques.
Avez-vous été déstabilisé par les attaques à 7 contre 6 ou étiez-vous vraiment préparé ?
On n’était pas forcément préparés contre la Croatie, mieux préparés contre le Danemark en début de match. Le Danemark commence à attaquer à 7 contre 6 et on met deux contre-attaques je crois. Michaël Guiguou est très agressif donc on a eu quelques ballons récupérés ce qui les a obligés à revenir à 6 contre 6. On se rend compte qu’il va falloir énormément s’adapter par rapport aux nouvelles règles et pouvoir changer de statut. C’est-à-dire pouvoir défendre à 6 contre 7 et passer peut-être directement à une 1-5 dès qu’eux passent à 6 contre 6. Ça va être une vraie gymnastique dans l’avenir et il faut jouer avec ces nouvelles règles.
 Etes-vous favorable à ces nouvelles règes ?
Moi, je ne suis pas du tout favorable à ces nouvelles règles parce que je pense que ça dénature l’activité. Jouer à 7 contre 6 sans gardien, cela veut dire que quand tu récupères la balle, tu marques sans gardien. Je pense que ce n’est pas forcément spectaculaire de voir du handball à 7 contre 6 sans gardien de but donc ce n’est pas vraiment dynamique. Je ne trouve pas ça beau mais, ce sont les dirigeants qui décident. C’est eux qui mettent les règles, c’est eux qui font avancer la discipline donc s’ils décident que l’activité soit comme ça, même si ce n’est pas beau il va falloir faire avec.
Etes-vous satisfait du rendement des jeunes comme Kentin Mahé ou Adrien Dipanda ?
Je suis très satisfait de Kentin Mahé, il a pris une grande dimension. D’ailleurs c’est un vrai second, on pourrait même dire qu’on a deux premiers au poste avec Michaël et Kentin Mahé. Valentin Porte est un joueur qui devient cadre sans problème. On a même pu voir une très grosse prestation de Ludovic Fabregas en demi-finale qui n’a même pas reçu un jaune et qui a déployé une grosse dimension physique ce qui fait qu’on a pu prendre l’ascendant progressivement sur les allemands. Il y a des jeunes aussi qui ont été très présents lors de ces JO.
Du fait qu’il évolue au même poste que vous, c’est-à-dire défenseur exclusif, avez-vous une relation spéciale avec Ludovic Fabregas ?  
Je passe énormément de temps avec Ludovic Fabregas, je pense qu’il faut presque avoir un tutorat. Pour moi, un jeune qui arrive en équipe de France doit surtout avoir de vraies bases, un vrai soutient et puis la confiance de l’entraineur. Pourquoi ? Car ce n’est pas évident d’arriver dans un groupe qui a déjà tout gagné, un groupe qui est déjà installé. Je pense que si un joueur est sélectionné en équipe de France, c’est qu’il a forcément un rôle à accomplir. Mon rôle est de lui faire prendre conscience du rôle qu’il doit accomplir et le mettre dans les meilleures conditions pour y arriver.
Sur le podium, on a vu qu’il n’y avait pas de médailles prévues pour les entraineurs, est-ce que depuis le CIO vous a envoyé quelque chose ?
L’esprit olympien est de dire que c’est le sportif qui est à l’honneur. Donc le sportif est primé, il y a 15 médailles de prévues au maximum pour les joueurs et les entraineurs n’ont pas de médailles. Je pense que si la discipline a prévu ses récompenses comme ça, il faut s’y adapter donc moi je ne suis pas forcément là pour avoir une médaille si ce n’est d’accompagner l’équipe du mieux possible. Donc je pense que c’est les joueurs avant tout, c’est les joueurs qui font la discipline, c’est eux qui font avancer le sport et je pense que le fait qu’ils soient mis à l’honneur sur les Jeux Olympiques, c’est tout ce qu’il y a de plus respectable.
Pour le mondial 2017, redoutez-vous un adversaire particulier parmi le Japon, le Brésil, la Norvège, la Pologne ou la Russie ?
Le Brésil, on a vu qu’ils ont fait de très bonnes prestations lors jeux olympiques. Ça n’a pas été facile de les battre sur le quart de finale. La sensation sera inversée car on va jouer chez nous et eux à l’extérieur. La Pologne a montré sa qualité en finissant 4ème des JO et nous a mis 6 buts chez elle à l’Euro. Quant à la Norvège, elle nous a battu à l’Euro pour accéder à la demi-finale. Ce qui veut dire que c’est quand même un groupe relevé, mais je pense que si l’équipe de France joue à son meilleur niveau, elle n’a pas forcément à craindre ses adversaires.
Parce que ce sera sans doute le dernier de certains joueurs comme Michaël Guiguou ou Thierry Omeyer, n’allez-vous pas aborder le mondial 2017 avec un sentiment différent de d’habitude ? 
Tout d’abord, je dirais à tout le monde de ne pas mettre une croix sur sa carrière internationale jusqu’à l’issue du mondial. Ce n’est pas parce que tu es âgé que tu vas forcément arrêter ta carrière internationale. On verra de quoi demain est fait et déjà il faut vivre son mondial à 200%. On fera le bilan des courses à l’issue du mondial car si ça se trouve un joueur qui peut se sentir vieux mais qui fait un très bon mondial et qui se sent encore en forme peut éventuellement décider de faire un an de plus.
 
Un énorme merci à Didier Dinart d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.Nous lui souhaitons bonne chance pour le Mondial 2017 et n’oubliez pas d’aller jeter un coup d’œil à sa marque : Roca 33.